Pourquoi ?

Ne pas demander pourquoi, ne pas chercher à comprendre. Il y a des choses qu'on voudrait faire avant de mourir, avant de mourir je voudrais comprendre pourquoi. (faites ce que je dis, pas ce que je fais.)
Voici l'histoire de Jesus of Suburbia, cet homme qui est tombé.
Intégralement inspiré de l'album "American Idiot", de Green Day, qui est pour moi le meilleur album jamais écouté.
Appréciez, ou pas, juste pour comprendre.

Fame is everything


Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 13:00

Pdlrd.png – chapitre un –

 

 

"Il n'y a pas de bien ni de mal, il n'y a que le 
pouvoir, et ceux trop faibles pour le rechercher."

 

L’homme aux deux visages in

Harry Potter à l'Ecole des Sorciers
de J.K. Rowling

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 1
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 13:46

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Q

uand il se lève le matin, il redoute le moment où la musique sur KroqFM[1] s'arrêtera pour laisser place à la voix fade, monotone et presque inhumaine de la journaliste qui présente les infos. Il ne sait pas comment elle peut rester aussi impassible, d'ailleurs, à débiter des horreurs pendant quatre minutes. Il en tremble. Chaque matin il se dit « Je n’allumerai pas la radio », et chaque matin, il appuie sur le fatidique bouton, avec la fatidique impulsion de l'index, celle qui sait que c'est un passage obligé. Léger grésillement puis, musique.

En Californie, tout paraît plus simple. Soleil, plage... Soleil... Plus simple ? Pareil. Même pire que dans tous les autres Etats. Mais l'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté, n'est-ce pas. Il s'assied à la table et guette l'heure : sept heures trente précises. De toute façon, l'horloge de la cuisine est réglée sur celle de la radio. 56. 57. 58, 59.

Aïe. Trente mille soldats de plus pour aller tuer des Irakiens.

Aïe. Parce que c'est pas Bush ou cette putain de journaliste à la manque qui va aller demander la paix en Irak, ou même la faire, cette foutue guerre. Ah non, hein, on va pas bouger ses fesses pour rétablir l'ordre, on veut pas se mouiller. Par contre on est partant pour envoyer des hommes là-bas. Il leur a demandé leur avis, aux trente mille soldats ? Nan. Eux, ils se sont engagés, mais peut-être pas pour cette cause là. Enfin... Peut-être. L'homme dans sa cuisine n'en sait rien. Il n'empêche, ça n'est pas Bush qui ira faire la guerre. Ce sont des gens normaux, comme vous, moi et lui, cet homme assis, une biscotte dans une main, la deuxième dans ses cheveux, qui pense avec effroi que peut-être... Chut. Rien.

 

[1] Station de radio californienne

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 1
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 13:56

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C

a fait longtemps qu'il n'allume plus sa télé. Sauf quand il y a sa copine. Sa copine, elle est...

Il allume plus sa télé, sauf quand c'est une émission de musique. La musique c'est peut-être ce qu'il y a de plus vrai aux Etats Unis. Et encore. Non, il n’appuie plus comme un forcené sur la télécommande à la recherche d'un programme cultivant et fondamentalement intéressant. Il ne cherche pas, puisqu'il sait que ça n’existe plus. Il pense que la télé, c'est pour ceux qui se contentent des "Nous gérons la situation". Il ne s'en contente pas, lui, et voit très bien qu'on prend les Américains pour des cons. Des prétendus cons qu'ils finiront par devenir, si ce n’est pas déjà fait, puisqu'il n'y a pas d'autre solution, pas d'autre issue. Pas d'autre possibilité d'être ou de devenir.

Il pense que c'est inutile de parler trop. A la télé, ils ne font que ça. Parler, puis crier, puis gueuler comme des putois. Sauf que de nos jours, ça se mesure plus à celui qui a la voix la plus grave, mais à celui qui a le plus de couilles, alors ils peuvent remballer leurs beaux discours. Dans tout ça, y'en a pas un qui dit ce qu'il pense, et pas un qui agira après.

Il est pessimiste, cet homme, vous croyez ? Non. Réaliste, c'est tout.
Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 1
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 14:07

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T

out en pensant à ces choses réjouissantes, l’homme a fini sa biscotte et la journaliste à la voix plate est partie boire un café. La journée va pouvoir commencer. Peut-être qu’il est complètement anormal, mais cet homme, assis comme un idiot sur sa chaise, contemplant le mur d’en face et pensant « Il faudrait que je rebouche cette fissure. Mais pas avant la fin de la guerre. », cet homme comme les autres ne peut commencer à vivre qu’après avoir absorbé, digéré et rejeté les informations de sept heures trente. Il ne les écoute pas à sept heures, il ne les écoute plus à huit heures, et si par hasard on lui parle d’une des aberrations qu’a encore commis le gouvernement, il prend un air blasé et dit « Nous sommes en Amérique. » Les gens pensent qu’il est courageux. Mais pas du tout, tout ce qu’il fait, c’est faire comme si ça ne le touchait pas. Les gens pensent qu’il est invulnérable, lui pense seulement qu’il a eu son lot d’absurdités et d’horreurs pour une vie, peut-être même deux, en seulement une dizaine d’années, alors il fait semblant.

Il n’est donc pas courageux. Plutôt lâche, de ne pas voir la vérité en face : oui, ça pourrait lui arriver, il pourrait commettre une erreur telle qu’il plongerait des milliers de gens dans la merde la plus totale, oui, l’erreur est humaine. Plutôt lâche, donc, mais il ne le sait pas. Pas encore.

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 1
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 14:14
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L

’erreur est humaine, mais à ce point, se dit-il, ça n’est plus de l’erreur, c’est de la bêtise. Comme si les Etats-Unis n’étaient qu’un immense amas de cons, cons à un degrés plus ou moins élevé. Et comme si lui, il se jugeait au dessus de tout cela. C’est à peu près ça, oui. Lui ne ferait jamais des erreurs pareilles. Du moins, il les ferait peut-être, mais pas pour les mêmes raisons. L’argent ne l’intéresse pas. Il ne pense pas que le pétrole peut résoudre tous les problèmes de la planète.

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 1
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 14:24

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P

lus le temps passe plus il semble à cet homme que son combat est inutile. Il dit « l’Amérique est un pays d’abrutis », les gens hochent la tête en signe d’approbation. La majorité ne comprend pas que quand il dit « un pays d’abrutis », il inclut tout le monde, même des fois lui-même, même si c’est plus rare. Et le peu qui comprend le prend au mot et commence à frapper. Parce que si ça n’était pas de la provocation pour faire grandir l’esprit des gens, c’était quoi ? Des poings dans la gueule, il s’en est pris, pour avoir dit des choses dérangeantes, pour n’avoir pas été comme tout le monde. Mais il s’était dit que, peut-être, au bout d’un moment, les gens comprendraient.

            Peut-être naïf, peut-être aussi un peu prétentieux, le bonhomme, de croire que parce qu’il arrive en sauveur, en sainte personne pour dire des choses que tout le monde sait déjà, les avis vont changer, les choses vont bouger et le monde va se remettre à tourner. Il sait qu’il a raison, mais il ne sait pas à quel point il pourrait avoir tort de vouloir faire trop de bruit.

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 1
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 15:25

1798-577918648-greenday-H181453-L.jpgchapitre deux

 

 

 

"C’est pas qu’je crois en rien,

j’crois plus tout court ça me convient."

 

 

Demain il pleut
de Guérilla Poubelle

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 2
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 15:34

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P

uisque tout le monde change, pourquoi pas lui ? Pourquoi ne pourrait-il pas lui aussi vouloir être quelqu’un d’autre ? Et pourtant, il n’a pas changé. Cet homme qui hier ne voulait pas reboucher la fissure dans le mur de sa cuisine avant la fin de la guerre, ce même homme, aujourd’hui, il voudrait reboucher toutes les fissures du monde. Et pourtant, il n’a pas changé. Ce n’est pas comme si il était devenu quelqu’un d’autre, non, c’est juste une part de lui même qui s’est manifesté un peu plus, encore plus qu’avant. Il est devenu Jesus of Suburbia[1], un mélange de toute la rage qu’il a, là, à l’intérieur et de cet amour en même temps, puisque entre la haine et l’amour, il n’y a qu’un pas.

            Maintenant qu’il rit ouvertement au nez des gens qui pensent qu’un homme normal ne doit pas avoir de problèmes, ne doit pas se plaindre, doit aimer son pays comme on aimerait ses parents, doit approuver tout ce qui se dit et ne doit pas relever ce qui ne tourne pas rond, maitenant seulement, cet homme est un homme libre. Du moins c’est ce qu’il croit.

            Il a compris que s’il voulait pouvoir s’intégrer, il lui faudrait renoncer à son idéal, à ses idées, alors au lieu de s’allonger par terre pour qu’on puisse plus facilement lui marcher dessus, il a décidé de se dresser encore plus droit, encore plus haut, pour qu’il y ait au moins une limite en Amérique, même si cette barrière n’est qu’un pauvre homme aux ambitions trop haut placé, il en faut au moins une. Et Jesus a décidé que cette limite, ce serait lui. Oubliez celui que j’ai été, concentrez-vous sur ce que je deviens.


[1] La traduction n’a pas été effectuée. Jesus of Suburbia signifie « Jésus des banlieues »

P'tiiin Lou Taylon Pucci... Ca m'rappelle que j'suis retombée amoureuse de Billie Joe... Chut faut pas le dire.

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 2
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 15:48

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Il court, il s'enfuit, il part loin de cette si triste réalité, de ce bonheur si futile, de... Il part. C'est tout ce qui compte. Il a tout laissé, il a essayé de se dépétrer de son passé, de ses blessures, il sait qu'il ne s'en tirera pas si facilement, il le sait, pourtant il claque tout pour un "ailleurs" qu'il ne connait pas. Il a ce sourire désabusé de quelqu'un qui a tout vécu, qui sait ce qu'il fait, mais pourtant... Pourtant il n'est pas si confiant, pourtant il sait que ce qui l'attend peut-être encore pire, encore plus... Et il manque de mot pour s'exprimer. Il commence à regretter, à regarder en arrière. Ce qu'il ne faut jamais faire. Regarder en arrière, c'est le début de la fin. Il l'a bien compris, il le sait, mais... Il a laissé derrière lui toutes ces personnes qui l'aimaient, encore un peu, malgré son côté Mr. Hyde. Il se sent différent, différent de tout. Il ne veut pas finir lobotomisé par un gouvernement trop facile, mais il se rend compte peu à peu qu'au fond, il est comme tout le monde, aussi con, aussi borné. Ca le touche ? Profondément. Il se sent ridicule, maintenant, son pétard aux lèvres et sa bière à la main. Il a tout quitté et il pense savoir maintenant qu'il ne pourra plus revenir. Il a fait une énorme erreur ? Assurément. Et son autre erreur c'est de croire que ça va passer avec le temps. Le temps passe et les blessures s'effacent, qu'il se dit. Idiot.

aussi disponible sur mon blog - et sur celui de Ginny.

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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 16:11

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C

omplètement oubliée, cette putain de télévision. Ne comptent plus pour lui que l’alcool, la cigarette et elle, celle qu’il a déjà mais à laquelle il s’accroche désespérément comme si elle allait partir loin et le laisser tomber, elle aussi, le lâcher comme l’ont fait avant des tas de gens, des gens dont il ne se souvient même plus du nom, juste le dernier regard qui marque, celui qui dit adieu, celui qui montre ce que les gens pensaient vraiment de lui. Il y a vu colère, mépris, ébahissement, dans ces derniers regards, mais jamais rien qui disait « Je suis d’accord », et c’est sûrement pour ça qu’il finira par sombrer, même si c’est pour lui inconcevable. De sombrer.

Mais elle, celle que les gens appellent Mary-Jane, celle sans qui il ne serait rien… Mary-Jane, drôle de coïncidence. Après la Mary-Jane physique viendra la Mary-Jane psychologique, et quand il ne saura plus comment l’appeler, il commencera à la fumer. Il lui doit beaucoup mais sans le savoir, il doit être le plus ingrat de tous les hommes sur terre, parce que comme dans tous les mythes, il finira par abandonner celle sans qui il ne serait plus, et il ne se souviendra même plus de son nom.

Vraiment, cet homme ne rentre pas dans les normes. Rien ne fonctionne, avec Jesus. Il aurait du avoir un bon boulot, avoir une famille, à son âge, il aurait du être intégré, depuis le temps, intégré dans un pays où il est né mais duquel il n’a jamais compris le fonctionnement, il aurait du être heureux. Le fait est qu’il ne l’est pas, le fait est qu’il ne le sera peut-être jamais, parce que peut-être que rien ne sera jamais comme il le veut, et malgré tout, cet homme est un homme, et l’Homme est un éternel insatisfait.

Ce qui aurait du être n’a pas été et ne sera jamais, parce que ce serait vraiment trop beau si tout se résumait à des fantasmes à réaliser, même si pour Jesus, ce sont beaucoup plus que des fantasmes.

Par Ashtray Coma - Publié dans : Chapitre 2
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